LE CAFE
Origine
L'origine de cet arbuste se situe en Ethiopie et au Yémen. C'est là qu'il fut découvert au VIIIè siècle. Les arabes nomment le café :qawa.
Sa consommation se développa au XIVè siècle lorsque l'on fit sécher et griller les fèves avant de les réduire en poudre.
A partir de 1615, une vague va déferler sur l'Europe en passant par Venise, Amsterdam et Marseille, notamment. L'ambassadeur du sultan de Constantinople est célèbre pour avoir fait déguster une tasse du breuvage à Louis XIV !
Les européens, hollandais, français et portugais, en particulier, font beaucoup d'efforts pour récupérer des plants d'abord, puis créer des plantations dans les colonies d'autre part.
La Réunion, la Martinique ont été rapidement de relatifs gros producteurs. Ce sera aussi le cas des colonies hollandaises d'Indonésie. Rapidement le café passe de Guyane au Brésil ainsi qu'en Amérique centrale. Les britanniques créent des plantations en Afrique orientale.
Au XIXè siècle, la déferlante "café" submerge le monde entier. Les lieux qui offrent cette boisson s'appellent des "cafés" qui sont parfois "littéraires". Aujourd'hui, le café a apprivoisé l'ordinateur puisque partout surgissent les "cybercafés".
Culture
On connaît 73 espèces de caféier mais seules deux sont cultivées : le Coffea arabica Linné et le Coffea canephora Pierre. Les variétés les plus connues sont l’arabica et le robusta.
Le caféier vit environ 50 ans, peut atteindre la taille de 10 m, il fleurit plusieurs fois par an. Ses fruits, de couleur rouge, sont appelés « drupes », ou « cerises », qui contiennent les deux fèves à partir desquelles les grains de café sont produits. Le Robusta contient en moyenne deux fois plus de caféine que l’Arabica, et donne des cafés plus corsés et moins riches en arômes que ce dernier.
Après la cueillette, il faut extraire les fèves des cerises, soit selon la « méthode humide », par laquelle on les ramollit dans l’eau avant de les dépulper, soit selon la « méthode sèche », c'est-à-dire en laissant la pulpe se déshydrater au soleil. On procède ensuite à un tri. Les conditions de stockage sont particulièrement importantes.
Une torréfaction soignée et progressive est le gage d’un bon produit. Les connaisseurs aiment mélanger plusieurs crus.
Ces dernières décennies, le café soluble et le décaféiné ont envahi le marché. Le consommateur du premier peut choisir, selon les méthodes de préparation, entre le café atomisé et le café lyophilisé.
La part du décaféiné, dont les Allemands et les Suisses sont les plus grands consommateurs, atteint un sixième du marché mondial.
La caféine, principal composant du café, est utilisée en pharmacopée pour son action stimulante sur les systèmes nerveux, cardio-vasculaire et énergétique des muscles ; son arôme parfume les pâtisseries et glaces.
Les plus grands producteurs sont le Brésil (2 millions de tonnes environ), la Colombie, le Mexique et le Vietnam. Les plus grands consommateurs sont les USA, l’Allemagne, la France, le Japon.
Le café en Nouvelle Calédonie
Ce sont les frères maristes qui introduisirent le café en Nouvelle Calédonie en 1856. Les premiers planteurs sont Joseph-Matthieu Ulm et Maximilien Dillenseger au 6è kilomètre . Puis viennent Adolphe Boutan qui crée une ferme modèle à Yahoué et Timothée Cheval à Tontouta.
A partir de 1870, la diffusion des plants est mieux organisée et les plantations se développent. Les plus connues sont celles de MM. Pannetrat à Païta, Kabar à Houailou, Boyer à Moindou. Le nord de la côte est devient la première région de production avec des planteurs comme Petitjean, à Hienghène, Gillot L'Etang, Barbier de Préville, Soury-Lavergne.
La région de La Foa, Sarraméa, Farino développe aussi ses plantations avec MM. Brinon, Bergès, Blivet, Buret, Jacques, Bonnard ... Finalement on trouve du café presque partout : Voh, Koné, Bourail, à Boulouparis la belle exploitation de Le Goupils, etc...
La main d'oeuvre est d'abord une main d'oeuvre pénitentiaire louée, puis s'organise une filière néo-hébridaise chapeautée par les sociétés Ballande. La main-d'oeuvre indonésienne s'installe sur de nombreux domaines où elle est très appréciée. Aujourd'hui encore ceux-ci sont nombreux dans la région de Koné-Pouembout. Mais les mélanésiens ont toujours participé aux travaux des caféries, les femmes étant spécialisées dans la récolte.
A propos des mélanésiens et du café, il faut rappeler le rôle très important joué par un officier de gendarmerie, le capitaine Meunier.
Gustave Meunier arrive en Nouvelle Calédonie en 1931. Il impose ( ou persuade, selon les cas) aux canaques de réaliser des plantations de café dans chaque famille, en fournissant des notices d'exploitation détaillées. Les résultats sont très rapides et la production impressionnante. Elle s'accompagne d'une organisation tribale de traitement.
Les principaux planteurs canaques sont Chelehi et Nemebreux à Sarraméa. Ils sont nombreux sur la côte est et il reste aujourd'hui un groupement de producteurs à Poindimié.
Au plus fort de la production, en 1965, la Nouvelle Calédonie produisit 2600 tonnes de café, 2000 tonnes étant exportées ! Dans les années 1970/1980 la production chute et ne dépasse pas 700 tonnes. En l'an 2000 elle est proche de 0 !!
Les raisons de cette décadence sont principalement le prix de la main d'oeuvre, mais aussi les variations des prix mondiaux où sévit la surproduction. On sait qu'en Nouvelle Calédonie la main d'oeuvre est plus attirée par la mine ou l'administration.
Le négoce
La Nouvelle Calédonie produisait des cafés renommés principalement arabica, robusta, leroy, kouylou.
La société Havraise Calédonienne spécialisée dans ce négoce organisa une filière d'achat et d'exportation à l'instigation de MM. Jobin, Leyraud et Laville. Avec une réelle expertise dans ce métier, elle fit connaître le café calédonien.
Les sociétés Barrau et Ballande ont également pratiqué ce négoce. On leur a imputé un comportement de comptoirs pratiquant le troc, très défavorable aux producteurs.
Espoirs
Régulièrement les autorités politiques ou les professionnels tentent de relancer la production de café calédonien.( Projet Paul Dijoud, café "soleil", relance du café leroy...).
Au niveau mondial, le marché est étouffé par la puissance des grands producteurs, Brésil, Bolivie, Vietnam, Mexique.... Il n'est possible de se faire une place que dans les cafés de haute qualité, mais là aussi le marché est désormais très encombré et la Nouvelle Calédonie est handicapée par le niveau relativement élevé de ses coûts salariaux.
En 2004, à Nouméa, au détail, les cafés de haute qualité se vendent entre 15.000 et 20.000 frs cfp le kilog (125/165 euros). Cela montre que le café de haute qualité peut être très rentable.
***
|