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Le classement des lagons de Nouvelle Calédonie au patrimoine mondial
Voir aussi "Corail et récifs coraliens"
Située dans le Pacifique Sud-Ouest, la Nouvelle-Calédonie se compose d’une île principale, la Grande Terre, des îles Loyauté à l’Est, de l’île des Pins au Sud, des îles Bélep au Nord ainsi que d’îles d’origine volcanique (Matthew et Hunter) et d’atolls.
Avec ses 23 400 km² de lagons et ses 8 000 km² environ de constructions récifales, cet écosystème corallien est tout à fait remarquable et représente l’un des plus variés et des plus vastes ensembles récifaux du monde.
De plus, la longueur du récif barrière continu de Nouvelle-Calédonie ceinturant la Grande Terre est estimée approximativement à 1600 km et apparaît donc comme comparable à l’étendue des récifs de la Grande Barrière d’Australie. Il a, par ailleurs, la particularité d’être constitué d’une construction double : récifs-barrière et récifs frangeants.
Le récif corallien de Nouvelle Calédonie est, depuis longtemps, reconnu par la communauté internationale comme étant un ensemble significatif de la biodiversité planétaire, dans un excellent état de conservation et qui mériterait d’être inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Le projet d’inscription du récif corallien de Nouvelle-Calédonie sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO a été initié en 2001 par des associations locales de protection de l’environnement.
En 2004, le principe d’un projet d’inscription reçoit le soutien des assemblées provinciales, du gouvernement de la Nouvelle Calédonie et du sénat coutumier, soutien indispensable pour assurer le succès de l’initiative. Une nouvelle démarche de constitution d’un dossier a donc été entreprise en 2005 avec les conseils d’experts nationaux. Elle a abouti à la proposition de l’inscription au patrimoine mondial d’un « bien en série », conformément aux recommandations de l’UNESCO.
Le dossier présente ainsi une série de six sites représentatifs de l’ensemble des récifs de Nouvelle-Calédonie. Ce « bien en série » proposé à l’UNESCO sous le titre « les lagons de Nouvelle Calédonie : diversité récifale et écosystèmes associés » contient plus de 15000 km2 de lagons et récifs, soit 60% des lagons de la Grande Terre et des îles Loyauté.
Par ailleurs, un comité local de l'Initiative Française pour les Récifs Coralliens (IFRECOR) a été créé en Nouvelle-Calédonie, comme dans la plupart des collectivités locales d'Outre-mer. Il constitue une instance de concertation entre les différents acteurs concernés (élus, représentants des collectivités,
diverses administrations, organismes scientifiques, secteurs socio-professionnel et associatif) afin de promouvoir une politique active pour la préservation et la gestion durable des récifs coralliens.
Dans le cas où cette procédure aboutirait dans un avenir prévisible il faut savoir que
l'inscription d'un bien sur la liste du patrimoine mondial n'entraîne pas d'effet direct, ni en termes de contraintes juridiques autres que celles prévues par la législation nationale, ni en termes d'aide financière, du moins pour les pays disposant de ressources suffisantes. Par contre, il est évident que les parties qui ont œuvré pour le classement ont pris un engagement moral pour protéger ce bien, faciliter sa reconnaissance et développer l’étude de ses composantes.
Pour prendre conscience de la dimension des récifs coralliens néo-calédoniens on peut recourir à Google Maps ou Google Earth
ou autres visuels par satellite.
En mai 2008, le comité scientifique auquel est soumis le classement a donné un avis favorable à ce projet; la décision finale devant être prise à Québec en Juillet 2008. Pour défendre son dossier et montrer que la population soutient ce classement, la Nouvelle Calédonie présentera un "Livre Bleu" où il est notamment prévu que la population apportera sa signature en grand nombre.
C'est ce qui s'est passé et l'UNESCO a prononcé le 8 juillet 2008 le classement de plusieurs zones récifales au patrimoine mondial de l'humanité.
Cette décision est justifiée ainsi qu'il suit:
On y trouve une diversité exceptionnelle d’espèces de coraux et de poissons et un continuum d’habitats allant des mangroves aux herbiers marins avec la concentration de structures récifales la plus diversifiée de la planète. Les lagons et récifs coralliens de Nouvelle-Calédonie abritent des écosystèmes intacts avec des populations nombreuses et diversifiées de grands prédateurs et de grands poissons. Ils offrent un habitat pour nombre de poissons, tortues et mammifères marins en danger dont la troisième plus large population de dugongs du monde. Ces sites sont d’une beauté exceptionnelle et contiennent des récifs d’âge varié, allant de structures vivantes à d’anciens récifs fossiles, qui offrent une source importante d’information sur l’histoire de l’Océanie.
De façon précise, la Zone centrale comprend 1.574.300 ha bénéficiant directement du classement, et il existe de plus une Zone tampon de 1.287.100 ha soumise à un statut particulier afin d'éviter les débordements ou ravages collatéraux dans la partie protégée.
Les six Zones classées sont : Les lagons et récifs associés abritent des animaux marins qui, chacun en est conscient, doivent être protégés, répertoriés, étudiés et suivis,
mais la protection s'applique aussi aux nombreuses espèces d'oiseaux qui nichent dans ces zones, aux mollusques, aux algues et autres plantes aquatiques ou aux espèces enfouies dans le sol sableux ou vaseux particulièrement mal connues.
L'homme n'est pas un intrus dans ce biotope, il y a sa place. Il doit pouvoir y pêcher, s'y déplacer, y habiter et y vivre normalement. Le classement au patrimoine mondial ne constitue pas la création, ni d'une "super réserve internationale", ni d'un musée vivant. Il s'agit de déterminer une zone dans laquelle les pouvoirs publics et les populations s'engagent à faire des efforts pour être attentifs aux "existants naturels" afin que leur évolution ne soit pas gravement endommagée par des comportements qui risqueraient de détruire les éléments qui ont justifié le classement.
Ce classement concrétise une distinction éminente de la communauté internationale mais aussi une prise de conscience locale et souhaitons qu'elle soit soutenue par une volonté unanime et durable.
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