Parmi les innombrables histoires des mines qui courent en Nouvelle Calédonie, celle de Tiébaghi est particulièrement chère au cœur des gens du nord. Tiébaghi est un dôme montagneux du nord de la Grande Terre tellement riche qu'on l'a souvent dénommé "le diamant de Tiébaghi". On y trouve principalement du nickel et du chrome. Actuellement la Société le Nickel exploite du nickel sur un site voisin.
Tiébaghi-nickel, en 2006
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C'est la mine de chrome qui laisse les souvenirs les plus marquants. Ce n'est pas la seule mine de chrome, mais c'est de loin la plus importante qui ait fonctionné.
vue actuelle de Tiébaghi-chrome
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Le chrome est utilisé comme alliage; mélangé à l'acier il donne un métal plus dur et inoxydable employé notamment pour réaliser des outils de coupe ou des pièces soumises à des contraintes particulières.
Le chrome est contenu sous forme oxydée dans un minéral appelé chromite qui constitue le minerai de chrome. Dès 1884, de la chromite fut exploitée au Mont Dore et à Nakéty.
L'entonnoir
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On connait également les mines marais Kiki ou Alice-Louise par exemple dans le sud, où les réserves sont importantes, mais pour des teneurs plutôt faibles qui ne sont pas économiquement exploitables actuellement.
Le dôme de Tiébaghi, important massif au nord de Koumac, est connu pour ses réserves de nickel mais dès 1877 y fut découvert également un gisement de chrome. Les teneurs y sont importantes puisqu'elles dépassent souvent 50% de Cr203.
Plan du village
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Une première exploitation à ciel ouvert eut lieu de 1901 à 1926. Les vestiges sont visibles encore aujourd'hui et le cratère d'extraction est impressionnant avec 100 mètres de profondeur.
A la pelle et à la pioche, les mineurs attaquent la roche et remplissent des sacs de 25 kilos, qu'un va-et-vient sommaire emporte vers le bord de mer où a été construit un port.
Livre de paie
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Il parait que certains ouvriers utilisaient ce va-et-vient pour descendre eux-mêmes au “village” de Paagoumène ... Un téléferique personnel !
L'exploitation reprit de 1929 à 1964 avec les techniques de tunnel et puits; mais les cours du chrome ne cessent de chuter et la mine doit fermer et les derniers employés quittent les lieux en août 1964.
minerai de chrome
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Grâce à une filiale de Inco elle réouvre pourtant de 1980 à 1990 sur la base de méthodes d'extraction modernes et efficaces qui aboutissent à l'épuisement du gisement.
D'autres gisements, mais plus petits, furent découverts dans ce même massif de Tiébaghi particulièrement riche en chrome. Ils s'appellent Chagrin, Fantôche, Vieille Montagne, Bellacoscia.
coupe du gisement
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Le minerai de chrome est très lourd; il a toujours été convoyé jusqu'au port de Paagoumène par benne et va-et-vient.
Tiébaghi a produit au total 3,3 millions de tonnes d'un minerai très riche.
Dans les périodes les plus fastes 1500 personnes habitaient sur ce site et 700 y travaillaient. Les plus nombreux étaient les asiatiques, indonésiens, vietnamiens, et aussi des polynésiens; ils assuraient les travaux les plus durs.
la chapelle
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Les conditions de travail de ces immigrés étaient très sévères en ce début de siècle et la protection sociale quasi inexistante... mais forcément moins mauvaises que dans leurs pays d'origine !
Un village parfaitement organisé a fonctionné avec toutes ses composantes: centrale électrique, écoles, hôpital, boulangerie, cité des célibataires, cuisine centrale, centre commercial, club, tennis, église ou encore son quartier des responsables et dirigeants etc...
matériel d'origine !
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Les vestiges en sont encore visibles mais ils ont été maltraîtés par les cyclones et les vandales. Les installations industrielles sont toujours aussi impressionnantes malgré les années.
Sur le dôme de Tiébaghi fonctionnent aujourd'hui des installations minières de première grandeur conduites par la Société le Nickel pour l'extraction du minerai du même nom. Le touriste n'y a pas accès.
une benne de téléferique
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En 1992, Inco cède le site historique de Tiébaghi au Territoire qui le rétrocède à la Commune de Koumac. Il se crée alors une “Association pour la sauvegarde du patrimoine minier et historique du nord calédonien”, avec pour objectif de préserver et réhabiliter le site (bâtiment, objets, archives), de collecter les souvenirs des anciens et d’ouvrir le village aux touristes.
train électrique
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En 2001, le vieux village de Tiébaghi est classé au patrimoine de la Province nord, qui commence à s’y investir techniquement et financièrement.
Plusieurs bâtiments ont été restaurés et une organisation touristique permet de visiter les installations. Les matériels et mobiliers ont été mis en valeur. Des guides font découvrir tous les aspects de la région.
Du sommet, les points de vue s'étendent sur les deux côtes de l'île et les vallées voisines. Par temps pluvieux les grains avancent de façon spectaculaire et prennent vite un caractère violent. La montagne est souvent couverte par les nuages.
La visite du grand nord est particulièrement attrayante avec les grottes de Koumac, le site de Tiébaghi, les paysages de collines et de savanes de Poum et, Boat Pass, une vision de “Bout du monde avant le déluge”.
Avant de se lancer à la découverte des sites tropicaux et enchanteurs du nord de la côte est.
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